ela que apagava todas as imagens, ela me tens para que lhe diga o segredo do espelho, a cicatriz nas costas e a probabilidade de sermos outro, entre lampa e escuridão
Segunda-feira
65
elle abandonne, se dédie à la porte et au puits, elle, comme ciel contenu dans la main, elle dessine la transversale, se refuse à gravir, puis se surprend à lacher prise sans le vouloir
44
tu tournes le dos à l'évidence, où tu t'égares, où tu cherches une issue au refus ; le souvenir n'est pas derrière, il ne se conjugue qu'au futur simple de l'indicatif ; ça tu le sais sans le savoir
21
les yeux sont cousus de fil blanc quand on sublime la mort d'un poème ; comme exsangue sous les combles, que seule la bouche mange la mémoire, l'éteigne à la lumière du jour ; où achever les cibles, y brûler le masque
13
encore incapable d'ébaucher un arbre, ou alors te laisser me couper la main ; quand je t'ai dit que dire ne suffisait plus, le mur vint à s'écrouler ; tu avais avec toi la truelle pour bâtir une maison ouverte d'où s'enfuir au réveil et ne revenir que le matin suivant ; c'est alors que le soleil se mit à tourner
8
ton visage de retour, et tard, trop tard pour que j'aperçoive encore le papillon qu'alors j'y avais déposé ; non que je doute de ton désir, ni même de ton corps, si seulement je pouvais les dessiner une fois de plus, ces ailes, tout irait pourtant comme au sous le pont
5
quand l'eau enjambera le pont, nous nous souviendrons du soleil aux aguets et de l'aube au sortir de la caverne
3
j'ai tout le silence d'une maison trop grande, hors de ma mesure, où me confronter au labeur est habiter une autre peine, les mains pleines d'une étoile néanmoins
2
já que o ramo é a tua dúvida, já que lá te mantens, direi todas as formas do amor onde encontrares o equilíbrio; e serei luz a cair de uma árvore
Quinta-feira
1 (nox)
Elle effondre le mur, pour en construire un second. Sous les décombres, la poussière et les gravats, quelque part, une trame, une défaillance, ou un balbutiement déborde ce qui faisait dévier, ce qui pesait, jusqu’à l’éclaircie.
1 (nox)
Elle pense. Que de fissures à cultiver ! Le temps qui passe, nous aurait éloigné ; à moins que quelqu’un ne se décidât enfin à mettre un terme à l’enfoncement du jour, l’absolu en sous-sol. Ou pire, que personne jamais ne l’achève, l’extrême métamorphose dans les braises, le reflux du corps qui vacille sur lui-même.
Sexta-feira
2
au revers, l'angle où se tordre ;
perdre, lâcher prise ; apprendre à perdre
ne suffit plus quand on s'est effrayé
à regarder le soleil en face
car
plutôt cesser le détour
que d'y chercher un vertige
illusoire
1
je suis le temps, en vain, de te surprendre, et je passe au travers du jour qui nous écarte. je suis là, si peu éloigné des fenêtres qu'un instant nous avons désirées sans le savoir, à la place du mur. là, en tête-à-tête, à ta poursuite car tu trembles de lumière, et de peur. je reviens te dire que le ciel ne nous tient pas captifs, à peine aveugles l'un à l'autre. et je reviens accroître la nuit de quelque matin de rumeur, où voûter la semaine et l'absence. je suis là, et je te reviens. à ton signal je deviens secret, je suis le dehors, que nous y creusions une cache et une éclipse, seulement éclipse, un bord et l'enveloppe du soupirail. je reviens te dire qu'ensemble il est des disparitions qui ne sont pas nécessaires quand on a des mains pour tresser. te répéter qu'ici et là, nous nous revenons, nous portons une dernière étoile jusque dans le sommeil. ici et là, avec le temps à notre écoute.
Segunda-feira
Sábado
1
salva-te a ti mesmo
salva-me
e saberás onde a comprar, a força
elle a tu les grands manèges
avant de me créer le moindre espace
sans que les bras ne m'en tombent
(où je chute)
1
et je vais t'enlever à toi-même,
je vais creuser un trou
sous le poids de ton ombre
que tu saches comme on y tombe,
parfois,
pour avoir failli
et s'être détourné du risque,
pour s'être refusé à l'évidence
je vais saccager toutes les récoltes
et pratiquer une politique de la terre-brûlée
que plus jamais tu ne sois tentée
de me suivre hors de ton puits
je vais me fuir,
maquiller les pistes
et tracer un autre chemin,
au-devant de toi,
que tu t'y perdes,
que tu t'y effraies
et y abandonnes ta raison,
je vais construire un lieu commun,
ériger un monument de solitude
et y loger la fragile matière de l'espoir
que tu l'y contemples à jamais
je vais m'éloigner maintenant
comme on quitte le souvenir
pour ne plus habiter que
les failles de la mémoire,
je vais t'oublier,
enfin
Domingo
13
à quitte ou double,
je me tairais d'ennui
si ce n'était encore le soleil
qui m'appelle,
là où il brusque le désir,
dans tous ces lieux d'embrasement
et de folie consumée
je me tairais d'ennui
si ce n'était encore le soleil
qui m'appelle,
là où il brusque le désir,
dans tous ces lieux d'embrasement
et de folie consumée
Quarta-feira
8
tens as minhas mãos,
e também eu sei que posso dizer:
aqui me tens, conivente com o sol
neste incêndio do corpo até ao fim
sei que vais entender
o que é envelhecer
5
eu que não sei falar
muitas vezes apetece-me
dizer coisas com a boca
enquanto for preciso apenas
pôr as palavras
no teu entender,
e não na língua
que não deixa
de nos trair
3
entre nós,
dois rios que se afastam,
no entanto, é nas águas que
há-se-de se juntar
até vermos na fronteira
obstáculos com que
superarmos a distância
e a falta
até sermos janelas
pelas quais se escuta a paz,
janelas para tocarmos
os nossos silêncios
- onde lá estar
2
aqui estamos na urgência
por termos dias a mais ;
lá fora está um frio a invadir
o peso de uma cidade
cada vez mais branca ;
se não tivesse a boca
obstruída pela confusão,
para abrir a porta
a mão não chega, diria eu
para saberes o quanto sei
do teu tremer
Segunda-feira
1
(alinhar ao centro)
da minha boca
ouço
o corpo
no seu envelhecer
casa que se quer
estabelecer
em si mesmo
um ninho até
ou o poço em cima
do qual
se debruçar
Sexta-feira
1
(aveugle est la poésie)
quando se falar de portas apenas,
já não se terá dificuldade em fazer furos
nos olhos da poesia
(cega é a poesia)
ex-machina
.
.
.
.
.
il n’y avait plus de livre, il n’y en avait plus du tout – seules furent construites des usines à aliénation, élaboration de l’homme à son image, oui, construites par la machine humaine, en vue de mettre l’organisme (biologique) au service de l’organisation (bureaucratique) ; l’aliénation : l’état de l’individu qui, par suite des conditions extérieures cesse de s’appartenir, devient esclave des choses –, sans assassinat, ni même de torture, ou alors insuffisamment, à peine eût-t-il été préférés les chiffres aux mots, les suites aux structures, puis les cloisons aux portes, que le monde antique, et son désordre, se mît à vaciller, à chuter, avant que de s’effacer. Furent construites des universités à évider la pensée, des lieux de compilations d’images sans reflet, des zones à tiroirs sans fond ; furent construits des archives de fantômes, et des théâtres de la sur-information, des bibliothèques au crépuscule où cultiver les vanités ; furent construites des maisons fermées aux quatre vents, et des tours pointues, d’avec leurs angles invariablement droits, d’avec leurs angles morts. Des bâtiments se succédaient les uns aux autres, tous égaux, blocs sans ouverture écrasant la rue de leurs parois sans porte, ni fenêtre. Que quelqu’un s’y risque à y forer un trou, à y percer le jour, que quelqu’un vienne encore à remuer le refus de la nuit et le domaine de l’absence, jamais plus personne ne s’en inquiéterait, tout juste si celui-là se logerait dans l’ombre du mur, ou dans son ombre à lui, imperceptible, inaperçu, ou inaudible. D’ailleurs, ébrécher l’édifice plus personne n’y songeait, il ne se trouvait plus un damné pour s’illusionner, et plus un fou encore assez sensé pour s’attaquer à quelque citadelle que ce soit. La cité sans regard n’avait finalement produit que des visages sans yeux, et des corps sans réaction ; répondant au besoin de le sortir du chaos, elle avait tiré l’homme hors de lui-même.
il n’y avait plus de livre, il n’y en avait plus du tout – seules furent construites des usines à aliénation, élaboration de l’homme à son image, oui, construites par la machine humaine, en vue de mettre l’organisme (biologique) au service de l’organisation (bureaucratique) ; l’aliénation : l’état de l’individu qui, par suite des conditions extérieures cesse de s’appartenir, devient esclave des choses –, sans assassinat, ni même de torture, ou alors insuffisamment, à peine eût-t-il été préférés les chiffres aux mots, les suites aux structures, puis les cloisons aux portes, que le monde antique, et son désordre, se mît à vaciller, à chuter, avant que de s’effacer. Furent construites des universités à évider la pensée, des lieux de compilations d’images sans reflet, des zones à tiroirs sans fond ; furent construits des archives de fantômes, et des théâtres de la sur-information, des bibliothèques au crépuscule où cultiver les vanités ; furent construites des maisons fermées aux quatre vents, et des tours pointues, d’avec leurs angles invariablement droits, d’avec leurs angles morts. Des bâtiments se succédaient les uns aux autres, tous égaux, blocs sans ouverture écrasant la rue de leurs parois sans porte, ni fenêtre. Que quelqu’un s’y risque à y forer un trou, à y percer le jour, que quelqu’un vienne encore à remuer le refus de la nuit et le domaine de l’absence, jamais plus personne ne s’en inquiéterait, tout juste si celui-là se logerait dans l’ombre du mur, ou dans son ombre à lui, imperceptible, inaperçu, ou inaudible. D’ailleurs, ébrécher l’édifice plus personne n’y songeait, il ne se trouvait plus un damné pour s’illusionner, et plus un fou encore assez sensé pour s’attaquer à quelque citadelle que ce soit. La cité sans regard n’avait finalement produit que des visages sans yeux, et des corps sans réaction ; répondant au besoin de le sortir du chaos, elle avait tiré l’homme hors de lui-même.
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d’abord, cela avait répondu à un souci pratique, et tous y avaient concouru, s’en félicitèrent, avant de s’y habituer ; on avait accepté l’idée que l’actuel passait par l’oubli, car, à modernité – ce qui pourrait exister au moment où l’on parle –, il avait fallu substituer actualité – ce qui semble exister au moment où l’on parle. Certain par lâcheté, d’autres, bien plus nombreux, parce que trop occupés à se divertir, parce que ne sachant vagabonder, ils se contentaient d’aller. C’est que longtemps le désordre les avait alimentés, avait été cultivé, avait été posé noir sur blanc, c’est que l’on avait gardé des espaces pour la défaillance, des opportunités de laisser les choses en l’état, inachevées, tout ce qu’aujourd’hui on devait s’ôter de soi-même, ce qu’il fallait retirer de la pensée, pour ne plus vivre que par l’horloge et son image. Oublier, toujours plus, oublier son nom, oublier les lettres de son nom, se débarrasser de toute identité, comme on croit alors se libérer d’une certaine gravité, et s’oublier, collectivement, car, dans un monde sans chemin, peser en soi-même comme peser en l’autre ne menait plus nulle part.
d’abord, cela avait répondu à un souci pratique, et tous y avaient concouru, s’en félicitèrent, avant de s’y habituer ; on avait accepté l’idée que l’actuel passait par l’oubli, car, à modernité – ce qui pourrait exister au moment où l’on parle –, il avait fallu substituer actualité – ce qui semble exister au moment où l’on parle. Certain par lâcheté, d’autres, bien plus nombreux, parce que trop occupés à se divertir, parce que ne sachant vagabonder, ils se contentaient d’aller. C’est que longtemps le désordre les avait alimentés, avait été cultivé, avait été posé noir sur blanc, c’est que l’on avait gardé des espaces pour la défaillance, des opportunités de laisser les choses en l’état, inachevées, tout ce qu’aujourd’hui on devait s’ôter de soi-même, ce qu’il fallait retirer de la pensée, pour ne plus vivre que par l’horloge et son image. Oublier, toujours plus, oublier son nom, oublier les lettres de son nom, se débarrasser de toute identité, comme on croit alors se libérer d’une certaine gravité, et s’oublier, collectivement, car, dans un monde sans chemin, peser en soi-même comme peser en l’autre ne menait plus nulle part.
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il n’y avait donc plus de livre et ce qui fut n’était devenu qu’un écart ; peut-être une trace au sein du silence résistait autant que possible, des pages dans la neige, disparaissant sous le soleil qui leur brûlait la peau ; un souvenir en pleine lumière, puisque isolé, puisqu’au milieu de l’arène et dernière preuve d’une époque révolu ; elles auraient dû être le centre des attentions, si ce n’était toujours cette lumière crue posée sur la mémoire qui empêchait de continuer à voir ; elle aveuglait, et obligeait à détourner le regard, et que chacun ferme les yeux ! De quelle importance étaient désormais les temps où d’aucun n’aurait douté de l’utilité de sa lutte, comme on ne s’écarte ainsi guère plus de ses cendres que de la fin absolue de sa propre illusion, de quelle passion avait-il était nécessaire de se soustraire, de quelle fissure ou impasse, même de papier, encore que de parole, s’éconduire, et de quelle dissidence devrait encore être porté le deuil ! Nous, qui ne nous sommes pas levés, qui n’avons protesté, nous, qui jamais plus n’irons par la parole, dire comme il aurait fallu se hisser, sommes-nous encore un peu ici, ou serait-ce que de notre vigilance nous n’avons fait que nous écarter, au loin de notre enfant au corps révolté ?
il n’y avait donc plus de livre et ce qui fut n’était devenu qu’un écart ; peut-être une trace au sein du silence résistait autant que possible, des pages dans la neige, disparaissant sous le soleil qui leur brûlait la peau ; un souvenir en pleine lumière, puisque isolé, puisqu’au milieu de l’arène et dernière preuve d’une époque révolu ; elles auraient dû être le centre des attentions, si ce n’était toujours cette lumière crue posée sur la mémoire qui empêchait de continuer à voir ; elle aveuglait, et obligeait à détourner le regard, et que chacun ferme les yeux ! De quelle importance étaient désormais les temps où d’aucun n’aurait douté de l’utilité de sa lutte, comme on ne s’écarte ainsi guère plus de ses cendres que de la fin absolue de sa propre illusion, de quelle passion avait-il était nécessaire de se soustraire, de quelle fissure ou impasse, même de papier, encore que de parole, s’éconduire, et de quelle dissidence devrait encore être porté le deuil ! Nous, qui ne nous sommes pas levés, qui n’avons protesté, nous, qui jamais plus n’irons par la parole, dire comme il aurait fallu se hisser, sommes-nous encore un peu ici, ou serait-ce que de notre vigilance nous n’avons fait que nous écarter, au loin de notre enfant au corps révolté ?
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dans les rues, toute cette foule remuante n’y pouvait rien changer, la ville demeurait vide, un champ stérile de vas-et-viens, une ville de feuilles blanches. Faute d’avoir voulu se garder en soi, on ne bifurquait plus vers la cité balbutiée, vers l’éclaircis d’une probable autre cité, on ne creusait plus sa propre fiction, on ne se refusait plus, on sommeillait. Le soleil s’était couché sur une ville résignée, et au matin, la ménagère n’avait pas poussé son homme, nul autre drapeau que celui de l’apathie n’irait jamais flotter sur la marmite. Il y eut bien des mains levées, quelques bourgeois nostalgiques de la bourgeoisie, par trop soucieux d’arriver à leurs fins pour avoir une chance de passer outre leur propre silence, trop intéressés à dire pour avoir la moindre idée de ce dont ils parlaient. Mais, sourdes à ceux-là autant qu’aux plus illuminés, les rues avaient continué à accroître leurs immenses balafres, artères sans-issues, évidées de toute perspective, elles se suffisaient à elles-mêmes, comme des impasses.
dans les rues, toute cette foule remuante n’y pouvait rien changer, la ville demeurait vide, un champ stérile de vas-et-viens, une ville de feuilles blanches. Faute d’avoir voulu se garder en soi, on ne bifurquait plus vers la cité balbutiée, vers l’éclaircis d’une probable autre cité, on ne creusait plus sa propre fiction, on ne se refusait plus, on sommeillait. Le soleil s’était couché sur une ville résignée, et au matin, la ménagère n’avait pas poussé son homme, nul autre drapeau que celui de l’apathie n’irait jamais flotter sur la marmite. Il y eut bien des mains levées, quelques bourgeois nostalgiques de la bourgeoisie, par trop soucieux d’arriver à leurs fins pour avoir une chance de passer outre leur propre silence, trop intéressés à dire pour avoir la moindre idée de ce dont ils parlaient. Mais, sourdes à ceux-là autant qu’aux plus illuminés, les rues avaient continué à accroître leurs immenses balafres, artères sans-issues, évidées de toute perspective, elles se suffisaient à elles-mêmes, comme des impasses.
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il n’y avait plus de livre, il n’y avait plus de signes, uniquement des comptes et des calculs.
il n’y avait plus de livre, il n’y avait plus de signes, uniquement des comptes et des calculs.
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Terça-feira
Segunda-feira
Domingo
Sábado
2
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de chaque secret, une chaise et une fenêtre,
des armes solitaires avec qui défier un pont
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de chaque secret, une chaise et une fenêtre,
des armes solitaires avec qui défier un pont
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Quarta-feira
13
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j'aurais eu besoin que tu me coupes la main, que ce sois toi, la faucheuse de ma parole malade, —— j'aurais eu le besoin de me cacher, mon silence dans la poche, jusqu'à ce que tu m'apprennes à me taire, jusqu'à ce que tu me montres la nudité de mon impasse, —— j'aurais eu besoin d'un accès vers l'intérieur de mes mots, y mettre le feu, un feu qui jamais ne s'éteigne, mais sans moi, car j'aurais eu ce besoin de ne jamais revenir sur les pas de mon ombre, —— j'aurais eu besoin que tu m'enseignes à ne plus gravir en vain, que tu me le plantes entre les omoplates, le soleil, —— ou que tu me donnes à boire, que tu m'emplisses de ma propre soif, que je devienne eau à moi tout seul, —— le besoin de te savoir à creuser le dehors, à me penser le contre sens, que je trace un possible retour vers le midi inondé de ma bouche à nouveau prête à te parler, ou à contre-jour, une fois toutes les armes remises en leur étui, —— j'aurais eu besoin de passer ma main sur la jambe de tes nuits, car voici l'été, et il n'en finira jamais de nous traverser en sommeil, —— j'aurais eu besoin de te voir détruire la vieille maison lisboète où je me fuyais à moi-même, ou que la casa do alentejo habite 11 place roguet, je l'aurais eu ce besoin de te mettre à jour la rive gauche de la garonne sur la marge sud du tage, —— j’aurais eu besoin que tu pèses, mais moins que mon ombre, à rebours
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Terça-feira
8
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às vezes, parece-me que vivo numa ilusão por ter deixado de me procurar em mim mesmo; não consigo mesmo saber quem sou eu e já agora que me vou perdendo nas águas obscuras da minha cabeça doente, tenho novamente uma porta que dá para uma porta ——— uma porta pelo avesso ———; só hoje me decido por empurra-la, e é então que vejo um céu; só que não tem mudado há meses ——— um céu parado ——— a não ser que fosse eu que não tivesse mudado, ou que tivesse mudado sem reparar em nada; estou estranho por eu próprio quando o céu calado é que fala comigo daqueles que desaparecem se eu lhes virar as costas, deixando-me a pensar nos milhares de milhares de pessoas que já assassinei sem que me arrependesse ——— e se fosse verdade, penso eu! ——— de repente chego à conclusão que deve ser isso que faz com que um homen seja apenas um homen; aliás, não fico assustado por nunca ter sentido o pesar dos falecidos, até concluo que também eu já morri muitas vezes; sendo assim, levo o meu raciocínio ao fim ao cabo e acabo por perceber que não é nada por acaso que creio viver nas ilusões do meu próprio ser, mas sim para abrir portas que dão para as portas daquilo que são os outros, portas na porta do seu próprio ser, portas imaginárias no mundo real talvez e portas nas costas dos que vão de portas nas costas
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5
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j'ai dans la main ton ombre, le sais-tu, j'ai dans la main ton ombre qui danse —— depuis que tu as brisé toutes les lampes, j'ai cessé de me taire, à moins que je ne veuille me faire silence, pour te parler, le sais-tu, pour te parler dans ta langue ; le fallait-il alors que tu m'échappes encore, le fallait-il que tu ignores la porte —— ou peut-être est-ce que tu chutais comme moi je ne faisais que pencher, mais en toi, qui avais perdu ses fenêtres —— le sauras-tu, sauras-tu me le dire que tu attends, que, si j'en avais le courage, celui qui te dessineras des fenêtres indélébiles ce pourrait être moi —— et j'ai encore ma main emplie de ton ombre, j'ai encore la main emplie de ton ombre qui danse dans la nuit —— loin, si loin du soleil qui se refusait ; et du fond du puits, il est possible que je t'aime
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3
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de n'avoir su voir en face, elle se rit de nous épier en son miroir, comme transversale, en tumulte, comme heurtée, et adossée contre le ciel ; ou contre le jour, car c'est ici que l'on penche, c'est ici qu'un signe d'évidence était venu la frapper ; et nous qui jamais n'avions appris à lire autre chose que l'étoile et la terre, nous nous sommes amassés, nous nous sommes mis sur les chemins du retour, nous avons bifurqué, puis voulu resurgir ; y étions-nous seulement, à son ombre, avec nos mots en feu, y étions-nous, proches, si proches, mais en mouvement, mais entre silence et tarissement du silence, ou au moins, entre le chien et le loup de ses reflets à elle,
.
à elle, elle dont le nom ne disait rien sinon le vertige, que l'on y chute, que l'on se tombe l'un dans l'autre, si seulement elle ne s'était cassée le visage pendant que nous lui avions tourné le dos, qu'elle y plante sa voix,
.
elle se prit de terreur, elle se rompit les nerfs, avant de chercher refuge dans nos bras déjà pour les autres,
.
sauf pour elle,
.
c'est qu'avec son image, elle reste le seul interstice de nous à nous, notre puits et notre échelle, y sera-t-elle alors, au ras de l'eau
.
elle qui habite le thorax, elle qui avait reconstruit la berge, oui elle, ayant appris à être trois, y sera-t-elle, ainsi soustraite à elle-même, où les lignes se croisent et les canaux affluent, où nulle autre part ne résonne au fond de la gorge,
.
quand elle se réveille aux extrêmes, elle attend que s'ouvre à nouveau le soupirail, une apparition peut-être, ou elle se retarde, la bouche emplie d'un cadavre ; elle se calmerait, si nous le lui disions, le futur s'est levé dans la nuit, il a rompu avec les vieilles habitudes, sans cesser de défaillir ; elle surplomberait l'équilibre de son regard, elle aurait pour elle une porte ouverte sur nos brèches et les rebords de la fièvre, que, vers midi, nous y puisions les routes communes, le berceau de nos confidences, et la mémoire de notre corps ; en son horloge, elle pèse,
.
à elle, elle dont le nom ne disait rien sinon le vertige, que l'on y chute, que l'on se tombe l'un dans l'autre, si seulement elle ne s'était cassée le visage pendant que nous lui avions tourné le dos, qu'elle y plante sa voix,
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elle se prit de terreur, elle se rompit les nerfs, avant de chercher refuge dans nos bras déjà pour les autres,
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sauf pour elle,
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c'est qu'avec son image, elle reste le seul interstice de nous à nous, notre puits et notre échelle, y sera-t-elle alors, au ras de l'eau
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elle qui habite le thorax, elle qui avait reconstruit la berge, oui elle, ayant appris à être trois, y sera-t-elle, ainsi soustraite à elle-même, où les lignes se croisent et les canaux affluent, où nulle autre part ne résonne au fond de la gorge,
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quand elle se réveille aux extrêmes, elle attend que s'ouvre à nouveau le soupirail, une apparition peut-être, ou elle se retarde, la bouche emplie d'un cadavre ; elle se calmerait, si nous le lui disions, le futur s'est levé dans la nuit, il a rompu avec les vieilles habitudes, sans cesser de défaillir ; elle surplomberait l'équilibre de son regard, elle aurait pour elle une porte ouverte sur nos brèches et les rebords de la fièvre, que, vers midi, nous y puisions les routes communes, le berceau de nos confidences, et la mémoire de notre corps ; en son horloge, elle pèse,
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Sábado
2
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pour m'être penché vers la bouche,
puisque ce fut proposé,
puisque ce fut proposé,
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j'ai enlevé mes racines du soleil,
avant de nier la mort,
j'ai enlevé mes racines du soleil,
avant de nier la mort,
.
avant de tendre un piège,
qu'y demeure le rien,
non le vide
avant de tendre un piège,
qu'y demeure le rien,
non le vide
.
on dit :
c'est sa maison qui s'est enfuie
alors que c'est la main qui se refuse
à tout miroir de sa présence
on dit :
c'est sa maison qui s'est enfuie
alors que c'est la main qui se refuse
à tout miroir de sa présence
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1
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où elle courbe, où elle s'en va,
elle écoute les pas de ma voix
.
je dis :
j'écris des îles,
je creuse le silence
pour lui parler
elle écoute les pas de ma voix
.
je dis :
j'écris des îles,
je creuse le silence
pour lui parler
.
quand elle s'éclipse,
elle se surprend
à penser :
viens !
quand elle s'éclipse,
elle se surprend
à penser :
viens !
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1
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loin,
je renie
je renie
.
les indices de ma langue
je défais le puits
de ma voix
les indices de ma langue
je défais le puits
de ma voix
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je me tairais
si tu me le demandes
je me tairais
si tu me le demandes
.
avec mes dents
j'arracherais chaque mot
qui trop souvent me lie
encore à toi, terre
qui m'attache
avec mes dents
j'arracherais chaque mot
qui trop souvent me lie
encore à toi, terre
qui m'attache
.
puis
j'irais dehors
leur dire
puis
j'irais dehors
leur dire
.
qu'en mon exil
qu'en mon exil
.
à toi
et à toi seule,
je suis
à toi
et à toi seule,
je suis
.
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Quinta-feira
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nem sequer o teu corpo me tocou
apenas a tua boca
vazia
.
é que
voltaste a andar
neste meu sonho lisboeta,
voltaste a falar
.
daquele quarto cheio de silêncio
- nas janelas -
.
e
agora
só me falta saber
onde estás
(realmente)
.
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Segunda-feira
3
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hoje
o dia é teu
.
e é hoje
que queria dizer :
.
sou poeta
depois de te ter procurado
em mim mesmo
.
deste amor disponível
para quem quiser
.
foi assim
que acabei por
te deixar
.
hoje
penso em ti
mais uma vez
.
penso em ti
dessa minha maneira
que já não me atormenta
há muito tempo
.
penso que este dia
tem de ser o téu
.
hoje
queria te dizer :
.
sê feliz
meu amor no túmulo
.
.
.
.
.
Sexta-feira
Quinta-feira
1
não ter jeito nenhum
para se apaixonar
(o amor)
(ou à mort)
aimer
comme on haïrait le silence
amar o amor e/ou aimer à mort
aimer l'amour et/ou amar até morrer
(e ocultar a boca)
Terça-feira
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